Vendredi 23 mai 2008
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14:30
Au détour d'une insomnie supplémentaire, une petite lueur s'est signalée. Telle une luciole, voici
qu'elle invite mon regard à se poser sur une zone d'ombre, quelque chose de caché là et qui soudain se révèle.
Considérations sur mon approche de travail, puisque c'est de cela qu'il s'agit.
J'aime dessiner (plus que peindre) ; ma tendance naturelle me porte à des réalisations figuratives, voire hyperréalistes parce que le souci du détail s'impose à moi.
Mais ce dont je viens de prendre conscience, c'est que l'ordinateur m'a offert un autre chemin de création, plus encore : d'expression.
Le logiciel (très puissant il est vrai) me permet d'exprimer au plus près mes véritables émotions profondes, comme si cette intimité avait trouvé un passage que probablement elle attendait depuis
longtemps.
Encore une fois, je suis la première étonnée et je constate. Jusqu'ici, je n'avais pas cerné cette évolution...
J'exprimais sans savoir que j'exprimais (la Mme Jourdain de l'infographie ?!)
Aussi ce recul, cette prise de conscience suscitent-ils quelques interrogations sur mon mode personnel de fonctionnement : pourquoi est-ce que je parviens à créer les images de mes émotions
par le biais d'un logiciel tandis qu'elles semblent incompatibles avec l'univers main/papier ?
Est-ce que l'aspect immatériel (virtuel) que permet l'infographie ne serait pas en adéquation avec l'insaisissable et l'indicible des sentiments et sensations ?
Peut-être également l'immédiateté du visuel (en tout cas au moins une plus grande rapidité de réalisation) constitue-t-elle une part de l'explication...
Pourquoi l'expression infographique ne serait-elle pas logiquement à considérer comme un art véritable ?! Ni plus ni moins majeure ou mineure que les autres. Après tout, qu'importe le
matériel, le support !
Nous sommes en présence d'un outil absolument prodigieux, les perspectives sont incommensurables, vouées à une évolution indéfinie. Donc à une ouverture certainement toujours plus propice à
l'exploration. A l'expression.
La main règne toujours, de plus en plus à l'aise avec l'ergonomie de la souris... Notre cerveau est adaptable bien au-dela de ce que nous pouvons imaginer. Les ressources ne manquent
pas.
Tout est possible, laissons tomber les barrières... J'ai envie d'avancer !
Par Sheernin
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Vendredi 23 mai 2008
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13:52
J'ai réalisé ce portrait (aquarelle sur commande) il y a environ un mois.
La vieille dame -que je connais- vient de fêter ses 90 ans.
Le travail a été effectué à partir d'une photo plutôt récente.
Au fur et à mesure que j'avançais, j'ai été assez stupéfaite de m'apercevoir que je rendais à la dame son visage d'il y a deux ans, c'est-à-dire la dernière
fois que je l'ai rencontrée.
Je ne m'explique pas ce phénomène, je l'ai constaté, c'est tout, et je suis très intriguée.
Il m'est arrivé souvent d'être mon propre témoin, en ce sens que l'oeuvre achevée "m'apparaît" sur la feuille alors qu'elle est en cours de réalisation.
Dans ces moments-là, j'assiste véritablement à ce que fait ma main ; j'ai l'étrange sensation qu'une partie de mon cerveau me demande
de simplement regarder (superviser ?!) ce qu'accomplit ma main qui elle, est manifestement en liaison directe avec l'intérieur mystérieux de ma tête.
Difficile à exprimer, plus encore à expliquer...
Cela rejoint, d'une certaine manière, l'impression de déjà-vu. Troublant !
Par Sheernin
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Mercredi 7 mai 2008
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13:24
Je m'interroge encore et toujours à propos de ce qui pousse un artiste à montrer, à se dévoiler.
S'appuyer sur son ressenti et l'exprimer est une démarche naturelle, irrépressible.
Que l'on n'existe pas sans le regard des autres est une vérité incontournable.
Ce qui l'est moins c'est d'afficher ses sentiments intimes.
Fait-on cela comme on lance une bouteille à la mer ? que cherche-t-on à démontrer ? que tient-on à partager ?
Pourquoi ce besoin exacerbé du partage ? est-il justifié parce que l'on n'existe pas sans le regard de l'autre -à fortiori pour un
artiste ?
L'ultra-sensibilité ne connaît-elle pas de limites ? Comment s'opère le glissement de la pudeur vers l'impudique
?
Si je suis tourmentée ou exhaltée par le plaisir, quelles substances chimiques mon cerveau se met-il à produire pour
me pousser à sortir de moi-même, aller au devant des autres et m'exposer ?
L'INSPIRATION... seule réponse possible ; le seul mouvement fondamental qui vaille parce qu'il sublime. La vague très haute
du bonheur ou la lame très effilée du désespoir se rejoignent dans l'inspiration.
Le vivre est une chose. En avoir conscience en est une autre. Il n'est pas simple d'établir réellement cette co-relation
!
Cela suppose un recul, presque un calcul. Et s'il y a calcul, à partir de quoi et jusqu'où l'émotion a-t-elle encore sa place
?
Quelqu'un "d'inspiré" m'a récemment ouvert les
yeux sur ce phénomène qui rôdait et je remercie vraiment infiniment cette personne. Mais à présent, je m'interroge davantage encore...
Par Sheernin
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Et vous, qu'en dites-vous ?