On ne me voit jamais beaucoup dans la rue, néanmoins, j'y passe toujours aux heures d'affluence. Ce mardi-là, impossible de manquer un ballet masculin inhabituel. Messieurs de tout âge et de toute condition arpentaient les trottoirs ; j'en ai même vu attendre patiemment leur tour près du comptoir, chez les fleuristes.
Dehors, çà et là, les uns portaient une rose rouge à la main, protégée de son papier cristal enjolivé d'un bolduc froufroutant, d'autres -plus généreux ou simplement moins amoureux- avaient les bras chargés d'un gros bouquet. J'ai même croisé des groupes d'hommes 'fleuris'.
J'avançais amusée, observant discrètement ; j'ai remarqué quelques empressés, parés pour l'heure du déjeuner, cependant, plus nombreux étaient ceux du soir.
Nous en étions donc à la Saint-Valentin.
C'est alors que je l'ai vu, sur le trottoir d'en face comme un qui va à contre-sens. Une botte de poireaux dépassait du panier souple qu'il portait nonchalamment.
Et vous que lui dites-vous ?