PUDEUR DEMONSTRATIVE
Je m'interroge encore et toujours à propos de ce qui pousse un artiste à montrer, à se dévoiler.
S'appuyer sur son ressenti et l'exprimer est une démarche naturelle, irrépressible.
Que l'on n'existe pas sans le regard des autres est une vérité incontournable.
Ce qui l'est moins c'est d'afficher ses sentiments intimes.
Fait-on cela comme on lance une bouteille à la mer ? que cherche-t-on à démontrer ? que tient-on à partager ?
Pourquoi ce besoin exacerbé du partage ? est-il justifié parce que l'on n'existe pas sans le regard de l'autre -à fortiori pour un artiste ?
L'ultra-sensibilité ne connaît-elle pas de limites ? Comment s'opère le glissement de la pudeur vers l'impudique ?
Si je suis tourmentée ou exhaltée par le plaisir, quelles substances chimiques mon cerveau se met-il à produire pour me pousser à sortir de moi-même, aller au devant des autres et m'exposer ?
L'INSPIRATION... seule réponse possible ; le seul mouvement fondamental qui vaille parce qu'il sublime. La vague très haute du bonheur ou la lame très effilée du désespoir se rejoignent dans l'inspiration.
Le vivre est une chose. En avoir conscience en est une autre. Il n'est pas simple d'établir réellement cette co-relation !
Cela suppose un recul, presque un calcul. Et s'il y a calcul, à partir de quoi et jusqu'où l'émotion a-t-elle encore sa place ?
Quelqu'un "d'inspiré" m'a récemment ouvert les yeux sur ce phénomène qui rôdait et je remercie vraiment infiniment cette personne. Mais à présent, je m'interroge davantage encore...
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