LE PHENOMENE D'ISAKOWER
Toute petite, j'ai connu "ça" et j'étais bien évidemment dans la plus totale incapacité de mettre des mots dessus. Et "ça" a duré quelques années, vers l'âge de 3 à 7 ans peut-être.
C'est "quelque chose" qui ressemble à cette image, même si ici, il manque le relief.
Le phénomène d'Isakower émane du domaine du ressenti profond, là où le cerveau n'est pas capable de générer du vocabulaire.
Un monde de l'indicible, celui de la sensation confuse et pourtant bien réelle d'être en présence d'une matière qui ne se définit pas.
Impression de la voir et de la toucher SANS la voir vraiment ni la toucher non plus.
Etre devant elle, autour d'elle. A moins qu'elle ne soit simplement en nous ou autour de nous... ?
Quoi qu'il en soit, il s'agissait de quelque chose de dur et rugueux, mi-roche, mi-métal, un peu comme du mâchefer ou de la lave refroidie. Soudain c'était là et puis "ça" n'y était plus. Je n'ai jamais pu capter comment "ça" se déclenchait, si c'était lié à un événement précis (comme une maladie passagère) ou à une émotion particulière.
Au cours de ma vie mais sans que j'en parle jamais, le souvenir de "ça" m'est revenu, régulièrement même si c'était de loin en loin.
Et puis, il y a quelques années à l'occasion de certaines études et recherches sur l'autisme*, j'ai lu un bref article qui m'a fait l'effet d'un flash. Je n'étais pas la seule à qui "ça" était arrivé, pas la seule à ne pas savoir l'exprimer tout en le connaissant... Grâce à internet, j'ai pu trouver quelques infos, cependant peu nombreuses et plutôt décevantes. Les toubibs et autres psy' n'ont pas réussi à explorer le phénomène pour parvenir à mettre à plat des explications bien cernées.
Bizarrement, d'une certaine façon ces lacunes peu ou prou médicales me réconfortent parce que de brillants esprits n'ont pas fait beaucoup mieux que moi (hummm !) - le cerveau recèle encore tant de mystères...
Au moins monsieur Isakower a su mettre le doigt sur ce singulier phénomène...
Parallélement, cette absence d'identification continue à me troubler.
Si quelqu'un passant sur ses lignes reconnaît là un vécu personnel, merci d'en dire un mot.
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(* le lien entre autisme et ce "phénomène" n'a pas été établi malgré tout)
mais comment montrer ou parler de quelque chose qui n'a ni forme, ni volume, ni texture définis ?
