UN BLOG, MAIS AU-DELA ?

Publié le par Sheernin

Je n'ai pas la prétention de décortiquer notre comportement ; des personnes plus compétentes s'en sont abondamment chargées depuis la création du concept "blog". Je jurerais que leurs écrits/constats/réflexions reprennent tous les schèmes recensés : affectivité, sociologie, économie, politique, etc.
Je n'ai que des questions, les sempiternelles questions, celles qui nous remuent ainsi que celles qui laissent indifférents...


Un blog comme une vitrine ? une tribune libre ? comme un journal intime, pour beaucoup ? ou une bouée pour d'autres ? tout cela assurément, et bien d'autres choses encore, de la plus apparemment anodine à la plus enfouie.

Qu'est-ce qui motive les blogueurs, humains que nous sommes : la recherche d'un "autre chose", la soif d'informations ? L'échange, le partage, l'aventure du lien humain. Une reconnaissance.

Et puis, qu'est-ce qui nous pousse ou au contraire nous retient de laisser un message ?

Le virtuel rattrape la réalité. Il la rejoint. Il la reflète. Comme un miroir tendu, un signal émis - à la recherche de quoi, de qui ? De soi-même, de la place à se trouver, à se créer.
Quelles sont les finalités de cette voracité insatiable de notre expression ? Regardez-moi ! j'existe !
Pas de commentaire ? alors je n'existe pas ?!

Ensuite, quand "commentaire" il y a, que signifient ces échanges ponctuels entre tous les électrons libres que nous sommes ?
Plus même : que sont ces dialogues qui s'apparentent parfois (souvent ?) à des monologues ? de quoi sont-ils symptômatiques ?

Ce que je crois et qui est redoutable, c'est que plus nous serons nombreux, plus nous aurons à coeur d'envoyer des signaux, éperduement. Nos besoins intrinsèques vont aller augmentant avec pour tout corollaire, notre incapacité grandissante à vivre des relations avérées, directes, "physiques". La perspective n'a rien de réjouissant...

Je ressens tellement cette impression de circulation agitée, voire frénétique : nous voilà jetés sur un océan virtuel, nous y naviguons, nous tentons de nous y maintenir à flot. Nous ramons...
Nos pagaies bougent dans tous les sens, nos esquifs semblent se téléscoper, qu'on en pleure ou qu'on en rit.
Mais ah oui ! parfois, cela provoque une magie, quelques étincelles qui perdurent à plus ou moins long terme pour nourrir la lumière espérée. Ces petits bonheurs revêtent alors une essentialité dont nous n'avons pas toujours suffisamment conscience.

Toujours plus d'informations, tous azimuts, toujours moins de temps, moins d'attention à accorder. La rudesse de la bataille va son train fou...
La condition humaine en sa souveraineté propulse chacun en quête de reconnaissance, quoi que nous puissions dire ou faire. Notre moteur.
En a-t-il jamais été autrement ?

Sans les autres, quel que soit le regard que l'on pose sur eux, les uns n'existent pas. C'est la seule certitude qui plane sur nos solitudes. Non ?

Enfin, pour contrer tout ceci, merci au blog qui permet tout autant de pousser nos volets et d'ouvrir nos fenêtres sur d'autres univers... Je pose mon regard sur ce paysage virtuel. J'y vois un océan incertain submergé de milliers de bouées, mais je distingue parmi elles beaucoup de petites lueurs ; j'en vois même qui sourient.
Puis si je lève les yeux, j'aperçois un espace qui se remplit de rêves à l'infini.
C'est certainement cela que je veux en retenir:

Entre les bulles que nous nous élaborons, les bunkers que nous nous constuisons et laisser nos portes ouvertes, quel choix ferons-nous ?...


Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article