L'ETONNANTE BEAUTE

Publié le par Sheernin

Ile de St Martin, il est 20h et en cette fin de mois d'avril,  la nuit est bien installée déjà -comme toujours sous cette latitude. C'est le dernier des "mardi de Grand Case" et c'est la fête.
De nombreux étals d'artistes et d'artisans sont dressés à intervalles irréguliers. 
La longue rue est envahie par une foule hétéroclite et bigarrée qui arpente à double-sens. Touristes de tous horizons, avec cependant une majorité d'Américains.
Tout ce monde déambule, s'arrête, discute, observe, achète. Ou s'indiffère.
Diverses musiques s'élèvent et se marient au brouhaha pour emplir l'air.
Vraiment la fête, cela se voit, s'entend et se ressent.

Un attroupement s'est formé à la devanture d'un bar ouvert sur la rue. De là où je suis, j'aperçois un guitariste et un chanteur rasta, équipés d'un simple petit ampli et d'un micro. Je me rapproche et très vite je comprends pourquoi tant de monde s'est arrêté à cet endroit...
Un couple est là qui danse merveilleusement bien. Le rythme habite ces deux-là, ils sont en train de vivre la musique. Mais bien plus encore, ils s'aiment et cela se voit.
Ils ne font plus qu'un, collé-serré. Une entité magnifique.
Elle a son front posé sur le menton de son partenaire. Tous deux ont les yeux fermés. Ils ondulent en cadence et je jurerais que toute leur vie est là, dans cette profonde complicité qui les unit.
Nous, spectateurs, sommes subjugués et éblouis par la magie de ce qui se passe, le bonheur parfait du couple nous irradie.
Les sourires deviennent des vibrations presque palpables.
Rien d'autre ne semble avoir d'importance, pour eux comme pour nous.

Il transpire sous son chapeau, elle bouscule une chaise, mais rien ne peut ternir leur grâce inouie.
Ils sont obèses tous les deux -surtout lui.
Mais ils sont avant tout féériques. Au moins l'auront-ils été pendant ces quelques minutes suspendues
et remarquables.

Lorsque la musique s'arrête, ils ouvrent les yeux, s'embrassent et saluent la foule, amusés, presque surpris.
Et nous, nous applaudissons. Merci ! merci !
J'avais une glace à la main en arrivant. Elle a tellement fondu qu'elle n'est plus consommable...

Je me plais à imaginer que quelque part, sous la chaleur des étoiles, ils dansent encore sur leur nuage d'amour.


 


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Publié dans de Jolies choses

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