DU CHANT DES CLAVIERS AU CROISEMENT VIRTUEL
A Dick et Eric
-
Déconcertante immersion dans le décor flou et sans frontière sous le voile laiteux.
La bruine d'étoiles me picote les yeux.
J'embrasse tout le silence de ce pays sage.
Froufrou des ailes d'une chauve-souris. Eclair sonore du cri d'une chouette.
Heure fraîche et feutrée à la fois.
La nuit campagnarde laboure mon esprit en cercles déconcentriques.
-FLASH-
Quelques plumes d'un ange antique virevoltent doucement... Encore. Toujours.
Ma bulle ! Ma bulle chamboulée, bousculée, malmenée. Je me sens comme à l'intérieur d'une de ces boules translucides que l'on agite pour regarder tomber la neige artificielle sur une scène miniature et naïve. Je suis au creux d'une main géante, retournée puis soulevée, cible d'une observation oppressante.
Je ne maîtrise plus rien, en merci contre l'oeil gigantesque du quotidien métronomé. Tout vacille au gré de l'ignoble mécanique dont l'unique aiguille perfore ma peau, cherchant à se frayer un passage pour fouisser mon cerveau, depuis le labyrinthe de mes veines cinquantenaires jusqu'à mon âme d'adulescente réfractaire.
Tout mon univers raboté par une monstrueuse plaque tectonique.
-FLASH-
Au coeur de cette minéralité grinçante apparaît une figure mystérieuse et familière à la fois. Elle se découpe puis se détache, semble sourire en s'élevant.
-FLASH-
ROGFOGO ! mes yeux forcent la pénombre en s'écarquillant pour suivre l'incroyable impulsion. Pupilles, iris ne suffisent pas, je tâtonne en avançant les mains. Du bout des doigts, je devine un puzzle amputé.
-FLASH-
Une créature blonde et dénudée, photographiée dans une de ces poses suggestives, de profil ; un tatouage inachevé sur l'épaule. Le rogfogo y a trouvé sa place...
Je vois des mots voler, des images se croiser ; je sens l'odeur du tabac à pipe et le parfum des embruns, entre vapeurs de whisky et poussières de ciment.
-FLASH-
J'ai basculé : je fais partie de ces tableaux recomposés, de ces paysages-messages. Je m'y promène, curieuse et ravie.
-FLASH-
Lueur bleutée de mon antre manquante, outil intime apte à unir des parcelles dispersées - troublante sensation de reconnaître sans avoir connu, comme un signe indéfinissable, ponctuellement probant. L'étonnante et bienfaisante vibration éphémère m'a accompagnée jusque là où je suis.
-
Pour avoir ressenti vos pensées tandis que les miennes fumerollaient sous le clignotement des astres éloignés, merci.

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Déconcertante immersion dans le décor flou et sans frontière sous le voile laiteux.
La bruine d'étoiles me picote les yeux.
J'embrasse tout le silence de ce pays sage.
Froufrou des ailes d'une chauve-souris. Eclair sonore du cri d'une chouette.
Heure fraîche et feutrée à la fois.
La nuit campagnarde laboure mon esprit en cercles déconcentriques.
-FLASH-
Quelques plumes d'un ange antique virevoltent doucement... Encore. Toujours.
Ma bulle ! Ma bulle chamboulée, bousculée, malmenée. Je me sens comme à l'intérieur d'une de ces boules translucides que l'on agite pour regarder tomber la neige artificielle sur une scène miniature et naïve. Je suis au creux d'une main géante, retournée puis soulevée, cible d'une observation oppressante.
Je ne maîtrise plus rien, en merci contre l'oeil gigantesque du quotidien métronomé. Tout vacille au gré de l'ignoble mécanique dont l'unique aiguille perfore ma peau, cherchant à se frayer un passage pour fouisser mon cerveau, depuis le labyrinthe de mes veines cinquantenaires jusqu'à mon âme d'adulescente réfractaire.
Tout mon univers raboté par une monstrueuse plaque tectonique.
-FLASH-
Au coeur de cette minéralité grinçante apparaît une figure mystérieuse et familière à la fois. Elle se découpe puis se détache, semble sourire en s'élevant.
-FLASH-
ROGFOGO ! mes yeux forcent la pénombre en s'écarquillant pour suivre l'incroyable impulsion. Pupilles, iris ne suffisent pas, je tâtonne en avançant les mains. Du bout des doigts, je devine un puzzle amputé.
-FLASH-
Une créature blonde et dénudée, photographiée dans une de ces poses suggestives, de profil ; un tatouage inachevé sur l'épaule. Le rogfogo y a trouvé sa place...
Je vois des mots voler, des images se croiser ; je sens l'odeur du tabac à pipe et le parfum des embruns, entre vapeurs de whisky et poussières de ciment.
-FLASH-
J'ai basculé : je fais partie de ces tableaux recomposés, de ces paysages-messages. Je m'y promène, curieuse et ravie.
-FLASH-
Lueur bleutée de mon antre manquante, outil intime apte à unir des parcelles dispersées - troublante sensation de reconnaître sans avoir connu, comme un signe indéfinissable, ponctuellement probant. L'étonnante et bienfaisante vibration éphémère m'a accompagnée jusque là où je suis.
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Pour avoir ressenti vos pensées tandis que les miennes fumerollaient sous le clignotement des astres éloignés, merci.

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