CASTANEDA : JUSTE UNE MISE AU POINT
Oh oh, je constate qu'une fois de plus, Castaneda suscite des commentaires -c'est le cas de le dire... Mais surtout, une fois de plus, l'amalgame dont je parlais dans l'article précédent n'a pas manqué de se reproduire et j'en suis désolée.
Dois-je supposer que je me suis mal exprimée ?...
Si j'ai bien souligné que ce n'était pas le côté "hallucinations" qui m'avait plu dans ces ouvrages, je n'ai probablement pas suffisamment dit que les expériences de Castaneda étaient loin d'avoir toutes leur origine dans la prise de substances (naturelles).
De ce point de vue, "l'herbe du diable et la petite fumée" est assurément ce qu'il y a de moins représentatif au regard du contenu des autres livres et personnellement, ce n'est pas celui-ci qui m'a paru le plus intéressant.
J'aurais certainement dû préciser également que l'extrait retranscrit dans mon article publié hier, ne relatait pas un phénomène dû à l'ingestion d'une de ces quelconques substances.
Je croyais avoir suffisamment exposé mon point de vue, car encore une fois, ce qui m'a le plus impressionnée dans les histoires de Castaneda, ce sont bel et bien ses explorations "différentes", sensorielles et extra-sensorielles qu'il dit avoir connues ou dont il a été témoin.
Néanmoins, il est l'auteur de près d'une dizaine d'ouvrages qui retracent toute son aventure. Impossible donc d'en faire un résumé en un article et ce n'était pas mon but d'ailleurs. Je désirais seulement attirer l'attention sur ce chemin initiatique qui devait l'amener vers une façon de vivre complètement différente. Pour cela, l'extrait que j'avais choisi me semblait assez emblématique.
La lecture des autres récits permet incontestablement de se rendre compte que les fameuses plantes ne sont pas, loin s'en faut, consommées régulièrement !
Ce qu'explique Castaneda dans toute son oeuvre écrite, c'est qu'il existe des voies et des pouvoirs que nous ignorons ; il insiste beaucoup aussi sur le fait de l'apprentissage qui lui, nécessite bien d'autres outils que ce que nous, occidentaux, appelons "drogues". En l'occurrence, la recherche de la maîtrise de soi, une façon différente de considérer les éléments, une approche et une sorte de philosophie de la vie qui ne ressemble à rien du quotidien usuel. Cela apparaît très bien dans ses bouquins.
Les moments où il prend de ces substances sont peu fréquents par rapport aux années qu'il a consacrées au fameux apprentissage. Elles n'auront été qu'un vecteur ponctuel et à ce titre, forment un élément mineur du parcours global car c'est lui qu'il faut garder à l'esprit.
Il est bien dommage que l'on ne retienne que le côté hallucinogène alors que tout le reste est autrement plus intéressant ! Je pensais que la confusion était liée à l'époque d'alors mais force est de constater qu'il n'en est rien... Certaines images ont la vie dure !
Cependant, il ne faut pas non plus occulter que notre conception (occidentale et "moderne") n'est pas la seule valable. Ce qui est répertorié comme drogue ici peut être appréhendé très différemment ailleurs.
Mais, de nouveau, et pour être aussi claire que possible, ce qui m'a attirée chez Castaneda, c'est ce qu'il narre de l'enseignement du vieil Indien et tout ceci allait bien au-delà de la "simple" prise de champignons et autres herbes.
Il serait réellement regrettable de demeurer focalisé sur ce seul aspect.
Enfin, je n'ai pas la moindre prétention à affirmer que Castaneda a rapporté des faits authentiques. Je l'ai signalé : à priori, il a eu ses détracteurs et même des spécialistes qui l'ont contredit, preuves à l'appui, sur certains points. Pour autant, même si ce qu'il a publié était faux (mais je doute que ce soit le cas sur toute la ligne !), je persiste à apprécier la lecture de ses ouvrages que l'on peut -alors- considérer comme résultant d'un imaginaire exceptionnellement fantastique.