UN HOMME BOULEVERSANT
Andy GOLDSWORTHY
Poète sans mots
-
En zappant un jour sur Arte, j'ai été immédiatement subjuguée par les images que je découvrais. Il s'agissait de mains d'hommes, affairées à tisser des liens végétaux. Pas de musique, très peu de paroles, mais le chant du vent, le craquement de brindilles et la chanson d'une rivière.
Les doigts étaient rougis et rustiques mais d'une habileté et d'une délicatesse inouïes.
Le regard de l'homme était concentré sur ce qu'il faisait, pourtant
on pouvait sentir qu'il "projetait" simultanément ce qui allait suivre.
Le visage était presque enfantin.
Pommettes colorées (c'était filmé en hiver), yeux brillants, nez de frimousse.
On aurait dit celui d'un lutin qui aurait grandi malgré lui.
Toute l'allure de cet être humain, ainsi que ce qu'il faisait, dégageait une sérénité décidée,
une activité tranquille et cependant résolue.
En vérité, j'avais devant moi une merveilleuse illustration d'harmonie entre un homme et la nature, chacun aussi apparemment dépouillé que l'autre mais chacun offrant à l'autre, pour un moment et avec générosité.
Je crois sincèrement n'avoir jamais assisté à une telle osmose, la plus incroyablement naturelle qui soit.
Un véritable échange d'Art nu, dans le respect,
pour l'amour de la beauté et l'incertitude acceptée de l'éphémère.
il faut voir les mains de cet homme
Il faut le voir façonner avec discrétion, patience
et tellement d'humilité !
Uniquement des mouvements de poésie
d'une exceptionnelle pureté...
J'espère que jamais une telle valeur ne connaîtra les spots des grands musées !
Et cependant, si ce foutu monde se penchait un instant
sur de telles réalisations,
je rêve que sa face en soit changée.
Poète sans mots
-
En zappant un jour sur Arte, j'ai été immédiatement subjuguée par les images que je découvrais. Il s'agissait de mains d'hommes, affairées à tisser des liens végétaux. Pas de musique, très peu de paroles, mais le chant du vent, le craquement de brindilles et la chanson d'une rivière.
Les doigts étaient rougis et rustiques mais d'une habileté et d'une délicatesse inouïes.
Le regard de l'homme était concentré sur ce qu'il faisait, pourtant
on pouvait sentir qu'il "projetait" simultanément ce qui allait suivre.
Le visage était presque enfantin.
Pommettes colorées (c'était filmé en hiver), yeux brillants, nez de frimousse.
On aurait dit celui d'un lutin qui aurait grandi malgré lui.
Toute l'allure de cet être humain, ainsi que ce qu'il faisait, dégageait une sérénité décidée,
une activité tranquille et cependant résolue.
En vérité, j'avais devant moi une merveilleuse illustration d'harmonie entre un homme et la nature, chacun aussi apparemment dépouillé que l'autre mais chacun offrant à l'autre, pour un moment et avec générosité.
Je crois sincèrement n'avoir jamais assisté à une telle osmose, la plus incroyablement naturelle qui soit.
Un véritable échange d'Art nu, dans le respect,
pour l'amour de la beauté et l'incertitude acceptée de l'éphémère.
il faut voir les mains de cet homme
Il faut le voir façonner avec discrétion, patience
et tellement d'humilité !
Uniquement des mouvements de poésie
d'une exceptionnelle pureté...
J'espère que jamais une telle valeur ne connaîtra les spots des grands musées !
Et cependant, si ce foutu monde se penchait un instant
sur de telles réalisations,
je rêve que sa face en soit changée.
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