PARTICULES DU GRAND TOUT

Publié le par Sheernin

A l'adolescence, cet âge où les questions élargies jaillissent par milliers, la pensée m'était venue clairement que nous, les humains, étions semblables à la planète qui nous porte. Cette idée-boomerang n'a jamais cessé de me troubler, alors que mon premier réflexe consistait à l'évincer, comme une divagation puérile, et pourtant...
Les parallèles indéniables ne manquent pas et quand même je ne suis jamais parvenue à les cerner tous ;
je suis bien plus incapable encore d'en trouver la finalité -comme s'il semblait évident (naturel) qu'il y en ait une.

Bien que nous soyons des êtres organiques, nous sommes majoritairement constitués d'eau comme la Terre.
Ses fleuves et ses rivières sont comme nos artères et nos veines, sa lave est notre sang.
Le réseau interne de nos poumons, nos pieds et nos cheveux sont semblables aux arbres, de leurs racines à la canopée
La croûte terrestre est pareille à notre peau.
Notre coeur est à l'image du centre de la Terre, comme un noyau flamboyant que nous croyons éternel.
L'enveloppe éthérée -ce bleu- c'est notre aura, ou en tout cas comme notre âme.
Les événements météorologiques trouvent leur équivalent dans nos humeurs.
Nos accidents sont comparables à ce que nous appelons "catastrophes naturelles"...
Et parfois, cette planète que nous avons colonisée et polluée, je la vois comme victime d'une prolifération de poux, d'une mycose ou même plutôt d'un psoriasis... Mais en même temps, la Terre, corps vivant qu'elle, produit elle-même ses/ces nuisances dégénératives.

Tout ça, comme un miroir vivant enchevêtré, une définition de vie plus ou moins réglée-déréglée.


Cette planète aurait une vingtaine de 20 millions d'années, et nous, humains avons probablement 200 000 ans, c'est dire si l'humanité n'en est qu'à l'adolescence.
Je comparerais également les particules dont nous sommes formés à la foule des individus peuplant la planète. Des assemblages grouillant ; une masse qui naît, vit et meurt, comme toute chose organique.

N'est-ce pas la même cascade, le même enchevêtrement ?

Tout ce que nous avons appris sert à peine à mesurer ce que nous ignorons.
Comment vit la nature dont on sait une part des incroyables facultés et des pouvoirs inouïs. On parle d'instinct pour les animaux et de facultés d'adaptation pour le monde végétal.
Nous croyons savoir pourquoi cela fonctionne pour quelques spécimens -la reproduction, la perpétuité- nous savons même quelques petites choses sur le comment.
Mais la plupart du temps, du haut de notre suffisance nous oublions que nous appartenons à un système inter-relationnel et même intra-relationnel.
Notre espèce n'a pas plus de valeur qu'une autre.

 Les plantes peuvent communiquer, interagir entre elles. Il y a également interaction entre le végétal et l'animal.
Parallèlement, certains éthologues n'hésitent plus à attribuer une âme aux animaux
-ce qui me séduit infiiniment ! (*)
Nous feignons d'ignorer que toutes ces relations nous concernent et que nous les concernons.

Aussi, qui pourrait affirmer que ces deux espèces (l'animal et le végétal) ne disposent pas d'un système
de raisonnement que nous serions incapables de soupçonner ? Quelque chose qui fonctionnerait d'une façon tellement différente de ce nous connaissons et que nous sommes incapables d'imaginer...
Quelque chose qui lie et relie chacun des éléments à la Terre qui les porte et les nourrit - le tout dans l'interdépendance. Mais la Terre a-t-elle besoin de "nous" ?!

Nous ne sommes qu'un diversifié, partie intégrée et prenante.

ET APRES ? ET AU-DELA ? AILLEURS PLUS LOIN... Là où tout est encore plus mystèrieux, là où notre imagination ne peut même pas aller. Et SI ?
Et si la Terre n'était qu'une poussière dans l'oeil d'un géant sidéral, un Polyphème astral errant à jamais ?
-
(*) voir le livre remarquable de Boris Cyrulnik "mémoire de singe et parole d'homme" - 1983 - Hachette -





Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
et j'étais sûr aussi que tu viendrais Eric !!! eh eh eh
Répondre
S
<br /> <br /> Eh bien, Messieurs, on papote, on papote ?! :)<br /> <br /> <br /> <br />
E
je me doutais bien que là je croiserai à nouveau Dick !<br /> moi j'en reste à Restif de la Bretonne :<br /> "Les végétaux, les animaux et l’homme ne sont peut-être qu’une maladie sur la peau des planètes."
Répondre
S
<br /> <br /> Je ne suis pas sûre pour les végétaux et les animaux !<br /> Mais je me sens moins seule avec mon baluchon...<br /> Entre Dick et toi, je découvre plein de choses - j'aime cet effet de portes qui ouvrent sur des portes qui ouvrent sur...<br /> <br /> <br /> <br />
D
l'analogie est tentante, de même que la théorie de James Lovelock sur le concept de Gaïa, je ne sais pas si tu connais ?<br /> j'aime croire qu'il y a des correspondances de forme, de nature, entre les macroéléments et les microéléments de notre univers. C'est une manière de voir la magie de ce monde sans pour autant l'embarrasser d'un dieu quelconque...
Répondre
S
<br /> <br /> Je ne connaissais absolument pas James Lovelock et ses théories, mais grâce à toi et aux sites internet, je viens d'apprendre deux ou trois petites choses<br /> intéressantes.<br /> D'évidence, ce monsieur n'avait pas seulement un nom singulier, il avait aussi une personnalité peu banale et ses recherches ne l'étaient pas moins. En dépit de sa<br /> volonté farouche à utiliser le nucléaire, la théorie de Gaïa et la revanche de Gaïa sont certainement des ouvrages à considérer ; ils semblent l'avoir été, et bien controversés aussi - je n'ai<br /> pas l'esprit scientifique du tout moi ! mais je suis troublée de découvrir quelques petites relations avec ce que j'ai exprimé et pensé depuis si longtemps...<br /> Merci donc :)<br /> <br /> <br /> <br />