100 ANS DE SOLITUDE, des heures d'émotions

Publié le par Sheernin


Eux et moi, nous nous sommes happés, empoignés avec une frénésie certaine teintée de retenue,
comme lors d'un rendez-vous longtemps attendu.
Attirance, résonnance. P
resque un dialogue espéré où le cru, l'espoir, la mélancolie et la folie
fabriquent un nid. Vigillance des douleurs
, couleurs des sentiments - l'imprévisible est présent.


Gabriel Garcia Marquez m'emporte toujours avec lui.


"Cent ans de solitude", saga puissante et fantastique où foisonnent personnages et événements inattendus.
100 ans de solitude, un fleuve bouillonnant, fou furieux.
Un récit où l'Humain cohabite naturellement avec l'étrange, où l'insouciance voisine avec la violence.
100 ans de solidute - la crasse et la désolation alternent avec la dentelle et la musique.
La chair et l'âme, la poésie, la magie et le sang. L'orgueil et la résignation, l'utopie et la mort.
Cent ans de solitude où l'humanité entière est engouffrée, représentée dans une tableau d'une intensité inouïe qui n'offre pas un millimètre, pas une once de répit.
Une force ravageuse qui m'a laissée -rêveuse frémissante- ivre d'images prégnantes, suspendue aux réflexions et emplie d'admiration .
100 ANS DE SOLITUDE. Une brume dense, lumineuse et fracassante où je sais que je retournerai.



Extrait :
..." avec leurs perroquets bariolés qui récitaient des romances italiennes, et la poule qui pondait un cent d'oeufs en or au son du tambourin, et le fagotin qui devinait ce qu'on avait en tête, et la machine à tout faire qui servait en même temps à coudre les boutons et à calmer la fièvre, et l'appareil à oublier les mauvais souvenirs, et l'emplâtre pour passer son temps à ne rien faire, et un millier d'autres inventions, si ingénieuses et insolites que José Arcadio Buendia aurait voulu inventer une machine à se souvenir de tout pour pouvoir n'en oublier aucune."

Extrait :
"L'ouvrage ne portait pas de couverture et son titre n'apparaissait nulle part, mais cela n'empêcha pas l'enfant de dévorer avec le plus grand plaisir l'histoire de cette femme qui se mettait à table pour ne manger que des grains de riz qu'elle piquait avec des épingles, et l'histoire de ce pêcheur qui emprunta du lest pour son filet à un voisin et remercia ce dernier, par la suite, avec un poisson qui avait un diamant dans l'estomac, les histoires de lampe qui exauce tous les désirs et de tapis volants. Stupéfait, il demanda à Ursula si tout cela était vrai, et elle lui répondit qu'en effet, bien des années auparavant, des gitans étaient venus à Macondo avec ces lampes merveilleuses et ces tapis volants.
Ce qu'il y a, soupira-t-elle, c'est que le monde va finissant peu à peu, et ces choses-là n'arrivent plus."

Extrait :
"Il se perdit dans des défilés embrumés, des espaces de temps réservés à l'oubli, des labyrinthes de désillusion. Il traversa un désert tout jaune où l'écho répétait les pensées qu'on avait dans la tête, et où l'anxiété suscitait des mirages prémonitoires."

Extrait :
"Il tendit la main et trouva une autre main portant deux bagues au même doigt, sur le point de faire naufrage dans le noir. [...] Alors il comprit que ce n'était pas là la femme qu'il attendait, car elle ne sentait pas la fumée mais la brillantine à la fleurette, et avait des seins gonflés et aveugles, avec des tétins d'homme, et le sexe tout incrusté et rond comme une noix, et la tendresse désordonnée de l'inexpérience qui s'exalte."

Extrait :
"Les gens de Macondo avaient trouvé matière à distraction nouvelle dans ces promenades le long de ces allées humides, interminables, bordées de bananiers, où le silence semblait venu d'ailleurs, un silence qui n'avait encore pas servi et qui paraissait d'autant plus lourd à remuer pour que la voix se transmît. Parfois, on n'entendait pas très bien ce qui était prononcé à cinquante centimètres de distance mais les mêmes paroles s'avéraient tout à fait compréhensibles à l'autre bout de la plantation."

Extrait :
"Il plut pendant quatre ans onze mois et deux jours [....]
L'atmosphère était si humide que les poissons auraient pu entrer par les portes et par les fenêtres, naviguant dans les airs d'une pièce à l'autre."

Extrait :
"Il s'apprêtait à sombrer dans le sommeil pendant de nombreuses heures, délivré de toute terreur, de toute horreur, et il se mit à l'aise sur le côté qui le faisait le moins souffrir ; ce n'est qu'alors qu'il découvrit qu'il était couché sur des morts. Hormis le couloir central, il n'y avait pas un espace libre dans tout le wagon. Il avait dû s'écouler plusieurs heures depuis le massacre car les cadavres avaient la même température que les plâtres en automne, la même consistance d'écume pétrifiée, et ceux qui les avaient chargés dans le wagon avaient pris le temps de les ranger en bon ordre et dans le bon sens, tout comme étaient transportés les régimes de bananes."



Gabriel Garcia Marquez est possédé par l'écriture fabuleuse ; il a le don de façonner des paysages littéraires pleins de méandres, d'inventer des passerelles où les mots en se rencontrant font jaillir des étincelles.
Conteur magique. Merveilleux jongleur de l'observation et funambule de l'imaginaire.




Encore quelques pépites...

"Etourdi par deux nostalgies qui se faisaient face comme des miroirs parallèles, il perdit son merveilleux sens de l'irréalité, au point qu'il finit par leur recommander à tous de quitter Macondo, d'oublier tout ce qu'il leur avait enseigné sur le monde et le coeur humain, d'envoyer chier Horace, et, en quelque endroit qu'ils fussent, de toujours se rappeler que le passé n'était que mensonge, que la mémoire ne comportait pas de chemins de retour, que tout printemps révolu était irrécupérable et que l'amour le plus fou, le plus persistant, n'était de toute manière qu'une vérité de passade."
[...]
c'était comme d'émietter pour le jeter à l'oubli le long poème de la fugacité
[...]
C'était tout ce qui subsistait d'un passé dont l'anéantissement n'arrivait pas à se consommer, parce qu'il continuait indéfiniment à s'anéantir, se consumant de l'intérieur, finissant à chaque minute mais n'en finissant jamais de finir.
-
"[...] en cet endroit on était toujours en mars, et toujours lundi, [...] Il était sûr qu'ils correspondaient à un alphabet de quarante-sept à cinquante-trois caractères, lesquels, pris isolément, ressemblaient à de petites araignées et à des pattes de mouche, mais qui, merveilleusement calligraphiés par Melquiades, avaient l'air de linge mis à sécher sur un fil de fer."

Et enfin :

"[...] le secret d'une bonne vieillesse n'était rien d'autre que la conclusion d'une pacte honorable avec la solitude."


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Publié dans la Lecture

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E
j'ai eu beaucoup de boulot<br /> & en + j'ai déconné avec la base de registre de mon portable & j'en ai bien pour 2 jours à bosser dessus
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S
<br /> <br /> Aïe... Bon week-end donc -:)<br /> <br /> <br /> <br />
E
100 ans : c'est long !<br /> faut que je le relise : il ne m'avait pas laissé d'empreinte particulière<br /> honte à moi !..
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S
<br /> <br /> Salut Eric Low (j'aime bien ces deux mots ensemble !) - Je suis bien contente de te retrouver dans la blogosphère !<br /> Si ce livre fait toujours partie de ta bibliothèque, il saura te retrouver :)<br /> <br /> <br /> <br />
D
cela fait bien 100 ans que je me suis promis de le lire, et toujours pas fait... les extraits que tu publies font sacrément envie, j'aime beaucoup le style.
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S
<br /> <br /> Je serais réellement ravie de t'avoir donné la petite impulsion manquante. Attendre 101 ans, ce serait extrêmement dommage !<br /> <br /> <br /> <br />